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Qumrân, l’École consultée sur de nouvelles fouilles

Lundi 13 mars, une équipe du musée de l’École biblique : fr. Jean Baptiste Humbert op., fr. Dominique Marie Cabaret op. et Alexandra de Varax, volontaire spécialisée en numismatique, se sont rendus à Qumrân sur la fouille de l’Università della Svizzera italiana, université suisse de Lugano. Les archéologues, italien Marcello Fidanzio et israélien Dan Bahat, connu notamment pour son chantier dans le tunnel du mur occidental de Jérusalem ont entrepris depuis une semaine une nouvelle fouille dans la grotte 11Q.

Le père Roland de Vaux de l’École biblique et archéologique de Jérusalem, inventeur de cette grotte située au nord du site, y avait découvert dans les années 1950 des jarres contenant des manuscrits dont celui du Lévitique ainsi que le rouleau du Temple.

L’équipe suisse, constituée d’une dizaine de personnes, archéologues, spéléologue, photographe ont commencé le tamisage du sol de la chambre intérieure où avaient été retrouvées les jarres. Ils ont pu ainsi trouver des fibres de tissus colorés et des bouts de cuir qui servirent probablement à nouer les manuscrits. Le père Humbert, son habituel cigare au coin de la bouche s’est faufilé le premier dans la grotte, habitué du terrain ! En dehors de la grotte, une partie de l’équipe déblaye ce qui pourrait être un éventuel accès par l’extérieur.

Le directeur de cette nouvelle fouille, à laquelle l’École ne prend pas part, a tenu à recevoir l’avis de nos archéologues sur le matériel mis au jour et cette nouvelle chambre. L’avenir nous dira si des éléments pourraient être révélés par ces quelques mètres carrés pourtant déjà longuement fouillés…

 

 

Alexandra de Varax

 

La photothèque et Sa Béatitude le Patriarche arménien

 
Le 17 février, le fr. Jean-Michel de Tarragon, responsable de la photothèque de l’École biblique (et donc d’une collection unique de photos anciennes) a obtenu de Sa Béatitude le Patriarche des Arméniens apostoliques, orthodoxes, le prêt de 33 verres stéréoscopiques, repérés l’année précédente lors d’un café pris dans le bureau de S.B. au Patriarcat.

 
Les verres sont des positifs stéréoscopiques, de 8,5 x 17 cm. Ils représentent Jérusalem et les environs de Bethléem et surtout… ils sont anciens ! Antérieurs à la fondation du couvent Saint-Etienne et de l’École biblique, et à ce titre de précieux documents. La Porte de Damas est dans un état antérieur à notre plus vieux cliché dominicain, celui du P. Lagrange l’année de son arrivée, printemps 1890. Celle du portail d’entrée du fortin turc qui garde les piscines de Salomon, vers Ortas, nous était inconnue et est nouvelle dans notre collection. Le photographe est inconnu ; il se peut que la collection soit d’ailleurs de plusieurs sources. Il y a peut-être du Félix Bonfils. Les légendes sont parfois en français, ou en arabe, ou en arménien.
 
Vue la rareté de ce lot, sa numérisation en haute définition (RAW 16 bits Tiff) a été envoyée à Paris pour traitement par le laboratoire La Chambre noire, dans le XIe. Nous attendons avec impatience ce traitement professionnel.
 
fr. Jean-Michel de Tarragon

Visite du tunnel du Mur occidental

À l’occasion du cours de topographie du mardi donné par le fr. Dominique-Marie Cabaret op., les étudiants ont eu l’occasion, le 7 mars, de visiter le tunnel du mur des lamentations accompagnés de l’archéologue israélien Dan Bahat, principal responsable de ces fouilles étonnantes. Ils étaient une vingtaine à profiter de cette plongée souterraine. Un étudiant nous raconte.

Visiter les fondations du Mur occidental avec le professeur Dan Bahat, C’est en quelque sorte comme si vous vous baladiez à travers les studios de western hollywoodiens en compagnie de Clint Eastwood !

L’archéologue israélien, à la retraite depuis quelques années, a été le directeur des fouilles du tunnel du mur occidental depuis 1985. Sous son imposante moustache, un homme simple et abordable qui se met à nous expliquer les contours du mur dans un français teinté d’italien, heureux de nous rappeler qu’il a travaillé avec le Père Benoît o.p. de l’École biblique. De temps en temps, l’incontournable Dan Bahat est interrompu par des visiteurs qui le reconnaissent. Lorsqu’il demande à l’un d’entre nous son cahier pour faire un schéma, celui-ci lui demande timidement d’y laisser son autographe. Même l’archéologie, science parfois austère, a ses stars !


Avec l’aide d’une maquette topographique de Jérusalem, le fouilleur nous explique d’abord la complexe histoire de la construction de l’esplanade du temple en s’arrêtant notamment sur trois phases : post-exilique (VIème siècle – IIème siècle avant J.-C.), période pendant laquelle l’esplanade du temple finit par atteindre la taille de 500 coudées royales égyptiennes de côté (262 m) ; puis une phase hérodienne (Ier siècle avant J.C – Ier siècle ap. J.C.) qui permet à l’esplanade de parvenir à la taille que nous lui connaissons actuellement ; et enfin, après la destruction du temple en 70 ap. J.-C, et la construction des Mosquées au début de la période musulmane, une phase mamelouk ( XIIIème siècle après J.-C.), qui, rehaussant le niveau de la ville alentour, fit que l’esplanade, cessant de la surplomber, finit par être entourée de très beaux bâtiments. Ce faisant, les Mamelouks enfouissent sous terre les différentes portes et arches hérodiennes permettant l’accès à l’esplanade.

Le trajet nous menant vers le mur nous fait passer sous un aqueduc bâti par les Hasmonéens pour alimenter le temple en eau, nécessaire pour les ablutions traditionnelles, le nettoyage des sols, etc. On passe d’ailleurs devant certains restes de mikveh, les bains juifs de purification.

Après 1h de visite, nous voici arrivés au pied du mur que nous longeons en file indienne, slalomant entre quelques fidèles venus prier, Dan Bahat nous y explique, tout en dessinant, l’évolution du palais de l’Antonia d’Hérode, qui aurait été partiellement aménagé pour faire place à l’esplanade. Nous filons en direction du nord pour longer le mur hérodien jusqu’à la Via Dolorosa, et ressortons enfin au plein jour en face de l’église de la Flagellation, après presque 2h30 de visite et de voyage dans le temps !

Laurent Rivet, prêtre-étudiant en Licence d'Écriture sainte